La photo est ancienne elle scande le temps
Qui fait sa course d'obstacles. Obstinément.
L'enfant y est au centre Noël en noir et blanc
La coiffure d'indiens couteau et tomahawk
Debout et devant l'arbre, figé, en mouvement.

Et là, je ne peux dire ce que cet enfant sait
Ce qu'il n'a pas su dire ce qu'il a réfréné.
Et là, je ne sais dire ce que cet être sut
Ce qu'il aurait pu dire ce qu'il a enterré.

Déjà.

Un visage de cire un regard scrutateur
Absence de sourire ; seul, en spectateur.
Qu'aurait-il à me dire me prescrire, souffler ?
Que puis-je lui offrir lui confier, lui donner ?
Qu'avons-nous à troquer ?

Je te donne mes trêves du calme, du repos
Mes mains pour qu'elles t'apaisent
Ma peau et tous ses mots.

Rappelle-moi nos rêves offre-moi tes sanglots
Tes cris sans quoi je crève, pousse-moi dans le dos
Redis-moi l'inouï, les blasphèmes. Pousse-moi dans le dos.

Indien à la peau blême traverse les contrées
Reprends tout ton espace, vole, mords ; affamé
Parcours, à perdre haleine, sois ton œil, ébloui
Dévore les mystères, le temps, inassouvi
Fais vibrer de ton rire et que ta voix résonne.
Vis la vie. Et jouis.

Ici, âgé de trop de raide
De rigide, d'étroit, même si le temps presse
Si la courbe décroît tranquillement, je veille
Sur nous. Sur toi et moi.
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